Aquacalida

La géothermie, l’itinéraire de l’eau.

Mais d’où vient l’eau ? L’eau chaude qui alimente les bassins, les soins et le chauffage de la station thermale ? L’itinéraire de l’eau depuis le ciel jusqu’aux tuyaux, en passant par les profondeurs de la terre, est retracé ici par de petits films d’animation. Au fil de l’eau, la découverte des mécanismes de la géothermie ouvre sur une approche mondiale.

Découvrir les origines et les usages des eaux thermales de la Léchère à travers trois films d’animation.

P1.3 image 1
P1.3 image 3
P1.3 image 2
Les eaux thermales du forage Natacha circulent durant des milliers d’années au cœur de la faille de la Léchère.

Ce long voyage souterrain conduit les eaux de pluie vers des profondeurs pouvant atteindre 5000 m. Plus l’eau s’infiltre dans la terre, plus elle mettra de temps à remonter. Les géologues ont estimé l’âge des eaux de la Léchère entre 2000 et 10 000 ans grâce à des analyses isotopiques. L’eau qui sort de terre aujourd’hui aurait alors débuté son périple à l’âge de pierre quand nos ancêtres venaient d’inventer l’élevage et l’agriculture.

Au cours de leur plongée souterraine, les eaux se chargent en minéraux. En se frottant contre les roches, la chaleur aidant, les minéraux se dissolvent dans l’eau et prennent la forme d’ions : Ca2+ Na2+ S04… Chaque roche traversée livre quelques minéraux. Les eaux thermales de la Léchère sont toutefois moins minéralisées que leurs voisines : Brides-les-Bains, Salins-les-Bains ou Aix-les-Bains.

Eaux mal embouchées !

En 1930, les eaux de la Léchère furent mises en bouteille. L’expérience de courte durée tourna au vinaigre : l’eau thermale chargée en minéraux ne se conservait pas. Depuis, les eaux thermales faiblement radioactives ne peuvent être consommées que sous prescription médicale. Aujourd’hui, elles ne pourraient plus prétendre au titre d’eau minérale.

Géothermie
Des eaux hyperthermales

La source de La Léchère produit l’eau la plus chaude de Savoie. Avec leur 61°C, elle passe haut la main la barre de 38°C qui constitue le seuil entre les eaux thermales et les eaux hyperthermales. A Aix-les-Bains les eaux thermales sont puisées entre 22°C et 46°C, à 36°C à Brides-les-Bains, à 15°C à Salins-les-Bains et seulement à 11°C à Challes-les-Eaux. On parle alors d’eau hypothermale.

La chaleur des profondeurs

Notre planète est une véritable centrale thermique, une réserve phénoménale d’énergie sans cesse alimentée par la radioactivité naturelle de la roche.

Lors de sa formation, il y a 4,55 milliards d’années, la Terre a accumulé une énorme quantité d’énergie sous forme de chaleur. Une vraie fournaise ! La température du noyau approche les 4200°C. Celle du manteau entre 1000 et 3000°C.

Mais toute cette chaleur diffuse lentement dans la croute terrestre et crée un gradient géothermique : 3,3°C de plus tous les 100 m. La géothermie profite de ce gradient naturel pour faire remonter des eaux chaudes en surface et récupérer l’énergie emmagasinée.

Les réserves en chaleur de la terre sont renouvelables. L’activité nucléaire naturelle de la roche crée de la chaleur en continu. Des réactions de désintégration radioactive se produisent spontanément dans la matière. Les noyaux instables tels que l’uranium, le thorium ou le potassium libèrent de l’énergie qui réchauffe la roche. 90% de la chaleur captée dans le sol par géothermie proviennent de cette activité et seulement 10% de la formation du globe.

La géothermie dans le monde

Une réserve bien répartie

Sur tous les continents la géothermie offre des possibilités de développement. La chaleur captée dans les sous-sols grâce à des pompes à chaleur est la plus répandue. Elle s’adapte à tous les contextes géologiques. Les bassins sédimentaires tels que le bassin aquitain ou parisien ont de forts gradients géothermiques favorables à la géothermie basse énergie qui alimente les chauffages collectifs.

De la chaleur aux frontières

Les zones montagneuses et volcaniques telles que les Andes, les Antilles ou les Alpes disposent de conditions géologiques très favorables à la géothermie. La croute terrestre y est plus mince, la chaleur du centre de la terre parvient à réchauffer des eaux à très haute température. Les centrales géothermiques produisant de l’électricité sont implantées dans ces zones aux frontières des plaques tectoniques.

La géothermie du futur

Une nouvelle génération d’installation géothermique est née en Alsace. La centrale géothermique de Soultz-sous-Forêts utilise la technologie « Hot Dry Rock ». Contrairement aux installations géothermiques classiques, le gisement géothermique est ici créé artificiellement en infiltrant de l’eau dans des roches chaudes naturellement fissurées. Trois forages de 5000 m ont été creusés pour atteindre des roches à 250°C. L’eau froide est injectée par un puits et remonte par les deux autres à une température de 200°C.